Rechercher :
samedi 5 août 2006

Bac 2006


Par Charles Lostis, samedi 5 août 2006 à 18:25 :: - A propos du sytème éducatif
Comme on pouvait s’y attendre, le « bon » résultat du bac 2006 fait gloser dans certaines chaumières. « Vous pensez ! 82% de réussite ! ». Comme si la valeur d’un examen se mesurait au nombre de « cadavres » qu’il laisse derrière lui.
D'abord 3% de plus n’est pas un raz de marée. La docimologie montre qu’il suffit de peu de choses pour déplacer la ligne surtout dans cette zone de la courbe de Gauss où il y a encore beaucoup de monde. Alors voyons les choses autrement.
lundi 20 février 2006

Le chien jaune de Mongolie


Par Charles Lostis, lundi 20 février 2006 à 09:49 :: - Des idées pour faire réussir


Au delà de la beauté et de la poésie que porte ce film, on peut avoir une attention particulière pour la mère qui nous offre un modèle de médiation entre le monde extérieur des adultes et celui des enfants. Pleine de douceur et de gestes tendres elle dirige fermement l’éducation de sa fille aînée. Elle engage l’enfant sur des objectifs, signale les limites et les dangers, s’assure d’être bien comprise. Elle cadre l’action par un verbe ferme et précis. Cela n’est pas sans rappeler le fameux " holding " observé chez nombre de groupes humains que certains osent encore qualifier de "primitifs " . Le " faire " est enveloppé de verbalisation pour qu’un jour le verbe guide le " faire ". Sans cesse elle donne du sens : ramasser des bouses, garder le troupeau, s’occuper de ses frère et sœur, elle montre à l’enfant la place qu’il occupe au sein de la famille. Elle cultive le sentiment d’appartenance à un groupe humain. Comme le montre la garde du troupeau la mère ne peut à distance maintenir l’enfant dans l’axe de la tâche. Ce dernier reprend le fil de ses élans d’enfant ce qui conduit à l’égarement. La mère reste calme. Elle n’exprime aucun jugement négatif. Toujours, elle négocie les situations délicates en injectant du positif dans la pensée de l’autre. Convaincre plutôt que contraindre. C’est doux et pourtant ferme donc efficace. Le seul moment d’affolement chez la mère est celui de la perte de son fils. Alors le père devient calmement directif. Il donne des instructions précises qui permettent à tous d’entrer dans un " faire " bien cadré pour contenir l’angoisse. Cette sérénité est aussi à relier aux rites associés à des croyances vraies. Par des entrée sensorielles ritualisées, la mère active des croyances qui saturent les aires frontales et empêchent la montée des angoisses générées par les amygdales. Décidément ce film va très loin. Il soulève des questions essentielles pour l’homme. Je le recommande vivement.

pour lire la fiche technique...
samedi 14 janvier 2006

Le long chemin vers l'abstraction


Par Charles Lostis, samedi 14 janvier 2006 à 14:39 :: - Quelques exemples de pratique

Inspiré des progressives matrice de Raven, nous devons décrire le contenu de la vignette manquante en bas à droite. Pour cela nous disposons de deux lignes et deux colonnes complètes qui nous servent à inférer et valider une règle. Puis nous projetons cette règle sur la troisième ligne ou colonne pour déduire la réponse.


Nous sommes à la quinzième séance. Les élèves sont entraînés. Voici un récit du cheminement de la recherche au sein du groupe. L'exercice est complexe et suivre la pensée d'un autre demande un effort conséquent. Mais cela en vaut la peine car nous allons suivre la montée en abstraction qui va déboucher sur une explication d'une simplicité étonnante.

Un élève propose l’idée suivante :
Dans le petit carré au centre on trouve deux fois des hachures horizontales (HH), deux fois des pointillés (P), deux fois du blanc(B), une fois des hachures verticales (HV) et une fois du noir (N) ; donc il faut une fois du N ou du HV. Non décidable. Pareil sur la zone intermédiaire et la périphérie. Il y a trop d’indécidable il est donc impossible d’aboutir à une solution. L’élève repart en réflexion. Il n’abandonne pas son idée. Serait-il incapable de changer d’idée ? Rigidité ou fragilité narcissique ? Obstination ou persévérance ? Toujours est-il qu’un quart d’heure plus tard il revient en annonçant avoir trouvé. Il ne cherche plus à émettre tout de suite des réponses, il fait simplement un listage des propriétés.

Au centre 2HH 2B 1HV 2P 1N
Intermédiaire 1HH 2B 2HV 2P 1N
Périphérie 2HH 2B 2HV 1P 1N
Il faut le même nombre partout donc il faut 1HV au centre, 1HH en zone intermédiaire et 1P en périphérie. C’est simple, c’est élégant mais cela ne respecte par la règle en ligne et en colonne. Il a bricolé une solution valable uniquement pour cet exercice et n’entre donc pas dans la généralité de la règle. Défaut associé à la qualité qui est une grande capacité à émettre des hypothèses variées jusqu’à trouver celle qui résout le problème.

Le cheminement d’une autre élève est intéressant.
Elle fait trois catégories : les couleurs (blanc et noir), les pointillés, les hachures (verticale et horizontale).
En 1ère ligne il y a un et un seul motif fait de blanc et de noir uniquement. De même en 2ème et 3ème ligne. Pour les pointillés en 1ère ligne on deux fois en zone intermédiaire, en 2ème ligne deux fois au centre, donc en 3ème ligne il faut deux fois en périphérie. Pour les hachures verticales elle passe en colonne : 1ère colonne deux fois en périphérie, en 2ème colonne deux fois en zone intermédiaire, donc il faut deux fois au centre. Et il reste les hachures horizontales pour la zone intermédiaire.
Je fais remarquer le mélange de ligne et colonnes. Alors l’élève lève les yeux, me regarde et repart sur l’explication suivante :
Sur chaque ligne il y a un et un seul motif fait de noir de blanc uniquement donc c’est déjà bon en 3ème ligne. Sur chaque ligne les pointillés sont présents deux fois dans chaque zone, donc il faut du pointillé en périphérie. Sur chaque ligne les hachures s’échangent. Il y a montée en abstraction dans cette deuxième formulation. Ses yeux ont quitté le support, l'entrée sensorielle est allégée, elle travaille sur la représentation neuronale de l'exercice et explique sa première explication. De plus, sa première explication étant validée par moi elle se sent plus sûre et donc plus capable de monter dans les aires associatives vers les aires frontales ainsi libérées de la pression des amygdales.

Je propose alors une solution.
Une addition en ligne et en colonne
HV + HH = B HV + HV = N P + P = N HH + P = B
Les élèves vérifient et reconnaissent sa validité.

Mais poursuivons notre réflexion. Avec la Bouilloire Magique nous avions fait cet exercice ensemble plusieurs mois avant et étions arrivés à la solution ci-dessus. Lors de la mise en ligne sur le blog nous avons séparément réactivé notre recherche. Mais l’ayant travaillé quelques mois auparavant nous n’avons pas eu à refaire toute la démarche de perception et avons donc, à notre insu, allégé les entrée sensorielles ce qui a permis une meilleure répartition de l’activité neuronale vers les aires associatives. Et simultanément, alors que nous étions à des milliers de kilomètres l'un de l'autre nous avons fait émerger la même solution. La case "noir-blanc" est le résultat de l’addition des deux autres. Deux zones de même texture donnent du noir sinon elles donnent du blanc. Cette case noir-blanc tourne sur les lignes dans le sens des aiguilles d’une montre et en colonne vers le bas.

En résumé : Pour favoriser la montée dans les aires associatives, donc en abstraction, il faut réduire l’activité des aires sensorielles. Prélever uniquement des indices qui suffisent à réactiver l’image neuronale du problème. Encore faut-il que cette dernière soit préalablement construite avec beaucoup de rigueur. Tant que nous sommes dans cette construction la montée en abstraction est limitée. Tout cela est question de répartition de la consommation d’énergie au sein du cerveau.

< 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

« avril 2017
lunmarmerjeuvensamdim
12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930





propulsé par DotClear