Sous prétexte que chaque année, sur 12 millions d’élèves, 9 commettent un acte de violence avec arme, certains responsables veulent mettre en œuvre une politique répressive qui va peser sur l’ensemble de la communauté éducative. Non seulement ces mesures ne vont rien empêcher, mais elles vont, au contraire susciter de nouvelles violences encore plus graves. Car c’est bien mal connaître la psychologie des adolescents. De telles mesures peuvent, en effet, en inciter quelques uns à des passages l’acte, par défi, ou par la forte attirance pour les prises de risques inconsidérées. Et ce ne sont pas les portiques et autres fouilles qui vont arrêter un ado en plein délire narcissique ou paranoïaque. On ne peut pas remplacer les milliers de postes d’enseignants, de surveillants, d’emplois jeunes, supprimés par des équipes mobiles d’agents de sécurité.
Il nous faut revenir à la raison. Rien ne vaut la prévention. Les conflits se règlent par le dialogue et l’écoute et non par la répression. N’oublions pas ce que disait Alain Peyrefitte en 1974 : « la violence est le cri du muet ».
On ne peut pas limiter les problèmes de vie scolaire à quelques actes violents, certes condamnables mais qui heureusement restent isolés. Pour la contenir, il faut travailler en amont de cette violence extrême. En 2002 au Collège « Oradou » à Clermont-Ferrand nous avons été confronté à une montée des incivilités qui pesaient de plus en plus sur la sérénité nécessaire aux apprentissages. L’équipe a alors mis en place une stratégie de réduction des tensions. Très efficace. En quelques jours la situation s’était nettement améliorée.