La désobéissance pédagogique de quelques enseignants semble énerver les responsables académiques. Je me permets donc de relater une initiative semblable que j’avais prise en 1981 suite à la réforme d’Alain Savary qui voulait généraliser les groupes de niveau au collège. Dans l’établissement où j’étais nous avions collectivement refusé d’appliquer une mesure que nous jugions mauvaise. Mais ce n’était pas de l’immobilisme de notre part. Aussi avions-nous monté une organisation alternative que l’administration avait alors soutenue et financée. Elle concernait les redoublants de sixième, qui, bien qu’en difficulté, n’étaient plus au niveau des arrivants de cm2. Nous avions prévu une structure spéciale permettant de les amener au dessus du niveau fin de sixième pour le ramener en cinquième normale avec un bon niveau. Cette expérience, qui a duré 3 ans, a été abandonnée faute de résultats probants. En effet, pendant cette année spéciale il y avait de réels progrès, qui perduraient le premier trimestre de cinquième, puis de nouveau les difficultés réapparaissaient.
Grâce aux avancées dans le domaine des neurosciences, et à notre expérience de terrain, nous savons aujourd’hui que le soutien scolaire n’est efficace qu’avec les élèves qui n’en ont pas besoin. De plus, nous avons observé que par son effet de stigmatisation le soutien peut même aggraver les difficultés des élèves. En fait le soutien est une réponse compulsive visant plus à réduire l’anxiété des adultes qu’à répondre aux besoins de l’élève. L’école ne fait que révéler des difficultés plus générales. Il convient d’actualiser un potentiel intellectuel qui, malgré les apparences, reste intact à cet âge. Il faut fournir un accompagnement complexe tel qu’il est décrit dans ce blog. En commençant par réduire l’anxiété. Nous sommes donc loin de ces idées impulsives de soutien scolaire.