Rechercher :
lundi 29 décembre 2008

A lire.


Par Charles Lostis, lundi 29 décembre 2008 à 13:46 :: - Au jour le jour

Sur ce blog nous connaissons déjà Jean-Pierre Changeux.
Un des paradigmes auquel se réfère notre médiation cognitive vient de lui.
Nous avons aussi recommandé, en son temps, la lecture de son livre l'Homme de vérité.

Pour enrichir et consolider nos connaissances sur le fonctionnement du cerveau humain je vous recommande la lecture de son dernier livre : "du vrai, du beau, du bien". Si les approches philosophiques se lisent bien, par contre, certains passages, très scientifiques, sont d'un abord difficiles pour un non spécialiste. Qu'importe il suffit alors de "passer". Il ne faudrait surtout pas se priver de la richesse contenue dans ce livre.

Signalons quelques chapitres qui sont en lien direct avec notre préoccupation. Par exemple : "Neurosciences et normativité éthique", "Neuroesthétique", "Bases neurales de la conscience", "Les empreintes cérébrales de l'écriture", "Les mécanismes cellulaires et moléculaires de l'apprentissage".

Lançons quelques hameçons susceptibles de vous accrocher :
"... L'enveloppe génétique, propre au cerveau de l'homme, inclut cette ouverture épigénétique à l'environnement et donc à la génèse des cultures"
ou encore " l'effet du signal physique (issu de monde extérieur à travers les entrées sensorielles) consiste en une modulation de l'activité spontanée, laquelle, évidemment, préexiste à l'interaction avec l'environnement."

Lancez vous. Vous ne le regretterez pas.

mardi 16 décembre 2008

Halte au soutien scolaire


Par Charles Lostis, mardi 16 décembre 2008 à 14:28 :: - Au jour le jour

La désobéissance pédagogique de quelques enseignants semble énerver les responsables académiques. Je me permets donc de relater une initiative semblable que j’avais prise en 1981 suite à la réforme d’Alain Savary qui voulait généraliser les groupes de niveau au collège. Dans l’établissement où j’étais nous avions collectivement refusé d’appliquer une mesure que nous jugions mauvaise. Mais ce n’était pas de l’immobilisme de notre part. Aussi avions-nous monté une organisation alternative que l’administration avait alors soutenue et financée. Elle concernait les redoublants de sixième, qui, bien qu’en difficulté, n’étaient plus au niveau des arrivants de cm2. Nous avions prévu une structure spéciale permettant de les amener au dessus du niveau fin de sixième pour le ramener en cinquième normale avec un bon niveau. Cette expérience, qui a duré 3 ans, a été abandonnée faute de résultats probants. En effet, pendant cette année spéciale il y avait de réels progrès, qui perduraient le premier trimestre de cinquième, puis de nouveau les difficultés réapparaissaient.
Grâce aux avancées dans le domaine des neurosciences, et à notre expérience de terrain, nous savons aujourd’hui que le soutien scolaire n’est efficace qu’avec les élèves qui n’en ont pas besoin. De plus, nous avons observé que par son effet de stigmatisation le soutien peut même aggraver les difficultés des élèves. En fait le soutien est une réponse compulsive visant plus à réduire l’anxiété des adultes qu’à répondre aux besoins de l’élève. L’école ne fait que révéler des difficultés plus générales. Il convient d’actualiser un potentiel intellectuel qui, malgré les apparences, reste intact à cet âge. Il faut fournir un accompagnement complexe tel qu’il est décrit dans ce blog. En commençant par réduire l’anxiété. Nous sommes donc loin de ces idées impulsives de soutien scolaire.

mardi 2 décembre 2008

Neurosciences et cerveau des adolescents


Par Charles Lostis, mardi 2 décembre 2008 à 16:44 :: - Au jour le jour
Les neurosciences apportent de nouvelles informations intéressantes sur le cerveau des adolescents. Une étude du National Institute of Mental Health américain est parue au printemps 2008 dans le « Journal of adolescent Health ». Cette revue n’est accessible sur Internet que sur abonnement. Toutefois on peut avoir quelques éléments dans la revue « Sciences et Avenir » de septembre 2008. Il s’agit d’une étude comportant notamment des IRM tous les deux ans pour 829 personnes âgées de 3 à 27 ans. Restons en aux observations et évitons l’idéologie « biologisante » des comportements humains fréquente aux USA et même dans certains milieux français.

Que constatons-nous ? Il y a une explosion de neurogénèse et de synaptogénèse entre 7 et 11 ans. Le cerveau dispose alors d’un énorme potentiel. Cette phase est suivie à l’adolescence d’une décimation massive des neurones et synapses. En effet, selon le principe de « darwinisme neuronal » défini par le prix Nobel Gerald Edelman, ne survivront que les neurones et synapses qui servent. Un principe d’économie qui veut que l’organisme ne nourrisse pas ce qui est inutile. Les neurones et synapses qui ne sont pas utilisés disparaissent donc massivement. D’où l’importance de stimuler l’activité intellectuelle dans cette période de la vie d’un être humain.
Mais simultanément à cette perte de matière grise un autre phénomène se développe : la myélinisation des fibres conductrices des neurones. La vitesse de l’influx nerveux peut alors passer de 0,5 m/s à 120 m/s. Perte d’un côté mais efficacité démultipliée pour ce qui reste. Une des régions qui se myélinise le plus à cette période est le corps calleux qui relie les deux hémisphères du cerveau. Cette région du cerveau est impliquée dans la créativité et la réflexion de haut niveau. De plus cette myélinisation se fait progressivement de l’arrière du cerveau vers l’avant. Les premières régions concernées sont les aires limbiques sièges des émotions générées par les perceptions du monde extérieur. Les dernières régions concernées sont les aires frontales qui sont celles de la réflexion abstraite et de la mise à distance du monde réel.

Quelles conséquences, nous, enseignants, pouvons nous tirer de ces informations ? D’abord ne pas responsabiliser abusivement et accabler l’adolescent pour ses comportements parfois exaspérants et ses conduites à risque mais l’aider à construire son cerveau. Stimuler l’activité intellectuelle liée à la perception pour conserver le maximum de potentiel neuronal et assurer une continuité harmonieuse entre perception et abstraction. Rappelons avec force qu’il n’y a aucune fatalité biologique. Même si la démarche est longue et parfois chaotique, l’éducation reste la meilleure réponse.
C’est donc au moment de l’adolescence que va se constituer et se structurer le stock de neurones et synapses pour toute une vie. Bien entendu ce stock n’est pas figé, la plasticité neuronale montre qu’à l’intérieur de ce stock des réaménagements sont toujours possibles et parfois de façon massive.

« décembre 2008 »
lunmarmerjeuvensamdim
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031





propulsé par DotClear