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mercredi 20 août 2008

Automatiser des stratégies (4)


Par Charles Lostis, mercredi 20 août 2008 à 14:46 :: - S'entraîner à apprendre

Sans imprimer la grille, uniquement mentalement, placer le 1 dans le Pavé Haut milieu.


Récit d'une séance.


Par Charles Lostis, mercredi 20 août 2008 à 14:08 :: - Quelques exemples de pratique

Exercice en modalité graphique

Objectifs : Sensibiliser aux premiers dixièmes de seconde de la perception piour amener à la conscience l'indice d'amorçage sensoriel. Réfléchir aux conséquences de ce premier instant sur la suite de la eprception. Générer de la pensée divergente et accroître la flexibilité.

Récit de séquence

Médiateur : Je vais vous distribuer un dessin. Ce dessin va instantanément déclencher une image dans votre tête. Je voudrais qu'on apprenne à retrouver ce qui se passe dans notre tête à ce moment-là, pendant les trois premiers dixièmes de seconde. Qu'a-t-on vu en premier ? et ensuite ? Dans quel ordre l'image s'est-elle construite ? AG, acceptes-tu de réfléchir avec moi pour comprendre et expliquer comment ça s'est passé dans ta tête ? Pendant ce temps les autres se tairont. Vous aurez la parole après. (AG accepte.)
Elève : C'est comme vous faites en classe quand vous écrivez des flèches rouges au tableau pour nous indiquer ce qu'il faut voir pour comprendre. On ne peut pas expliquer comment ça se passe dans notre tête.
M : Justement c'est ce que je voudrais qu'on arrive à faire ici. Je suis sûr qu'avec de l'entraînement, on peut y arriver .
Je distribue à l'envers. Puis donne l'autorisation de retourner tous au même moment. Silence.



M : s'adressant à AG. Qu'as-tu vu en premier ?
AG : la plume.
M : qu'as-tu reconnu ?
AG : une femme.
M : peux-tu préciser ?
AG : elle avait une sorte de chapeau, des cheveux, un collier autour du cou et après j'ai vu qu'elle portait quelque chose autour du cou, comme autrefois, dans le french cancan.
M : quel âge a-t-elle ?
AG : elle est jeune.
Silence puis des éclats de rires dans le groupe.
M : quelqu'un a-t-il un autre avis à émettre ?
E : j'ai vu une vieille femme avec un foulard sur la tête
M : te souviens-tu du premier détail que tu as vu ?
E : c'est le visage.
CD : c'est fou, j'ai vu le visage de la vieille femme de loin sur la feuille d'un autre mais je ne la vois plus de face sur ma feuille.
Long échange au sein du groupe. Les élèves sont en recherche de ce qu'ils n'ont pas vu. Ils tentent de se convaincre mutuellement.
M : tout le monde a le même dessin et pourtant tout le monde n'a pas vu la même chose. Comment expliquez-vous cela ?
E : il y a plusieurs dessins dans le même.
M : oui, mais pourquoi certains voient-ils une jeune femme alors que d'autres voient une vieille femme ?
Ce que l'on voit ne dépend donc pas uniquement de ce que l'on a devant les yeux?
E : cela dépend aussi des facultés de chacun.
M : et ces facultés dépendent de quoi ? Parce que tout à l'heure il a fallu bigrement qu'elle t'explique pour que tu voies
Long silence.
E : tu vois d'abord l'une et ça t'empêche de voir l'autre.
M : intéressant. Ce que l'on voit dépend de la façon dont l'œil se pose sur le dessin. Selon que l'œil se pose à un endroit ou à un autre, notre vision se construit différemment.
AG : ah! Oui ça y est. Je l'ai. Je vois
Intense moment de jubilation d'AG qui se communique au groupe.
M : que vois-tu ?
AG: un gros nez ! Comme ça change !
Réactions diverses inaudibles, tout le groupe jubile. Il fait l'expérience du plaisir que l'on a à découvrir .
E : c'est comme quand on regarde la Joconde, on a l'impression que les yeux tournent.
M : les yeux tournent-ils réellement ?
E : non
M : c'est donc dans ta tête que tu vois tourner . Rires, exclamations se poursuivent
E : ah oui. Je vois. Ho là là! d'un coup. Regarde là.
CD : oui, c'est l'œil qu'il faut regarder
M : Oui. Regarde l'œil de la jeune et tu vois la jeune, regarde l'œil de la vieille et tu vois la vieille. Le visage se construit autour de l'œil. Regarde encore, l'œil de la jeune est l'oreille de la vieille. Le même trait prend des significations différentes selon le contexte. C'est la polysémie du trait.
Le groupe se calme.
E : oui, mais on ne peut pas voir les deux en même temps.
M : je ne crois pas. Dans le cerveau quand un circuit est activé il inhibe l'autre. C'est comme quand on pense de quelqu'un qu'il est marié automatiquement on ferme le circuit célibataire car les deux sont incompatibles. Ici jeune et vieille sont incompatibles.
CD : en fait on change sans arrêt. On passe de l'un à l'autre.
AG : maintenant que je vois la vieille, je ne vois plus la jeune comme avant. J'avais vu un collier et maintenant je ne le vois plus.
Le groupe échange sur : "quand je pose les yeux ici, .je vois..."
E : il y a des peintures comme cela.
M : la Joconde ?… Escher ?… Dali ?
E : oui, Dali.
M : ne vous arrive-t-il pas des sensations semblables dans la vie ? Où l'on voit une chose alors qu'il yen a une autre que l'on ne voit pas.
AG : j'étais dans la rue, j'ai cru voir un serpent alors que c'était une branche morte.
M : qu'est-ce que cela veut dire ?
E : c'est l'imagination.
AG : quand je suis toute seule, chez moi, j'ai toujours l'impression d'entendre des bruits et puis je panique, je regarde dans toutes les pièces pour voir s'il n'y a personne.
M : ces bruits existent-ils réellement?
AG : oui.
M : tu ne serais pas seule les mêmes bruits te feraient-ils peurs?
E : non, cela ne se produit que quand je suis seule.
M : ce qui compte c'est ce qui se passe dans notre tête. Avez-vous remarqué comment je travaille en maths ? Voir. Ce que je vois déclenche quoi dans ma tête ? Parce que lorsque je donne une identité remarquable, si ça déclenche l'image d'un serpent dans la tête de l'élève, il n'est pas près d'apprendre sa leçon. Mon but est: ce que je vois déclenche une connaissance et pas n'importe quoi dans ma tête.
E : quand on regarde des nuages, on voit des animaux.
M : y a-t-il des animaux dans les nuages ?
E : non, ils se construisent dans ma tête à partir des formes vues dans les nuages.
M : et pour les visages? Peut-on se poser la question ? Qu'est-ce qui fait la reconnaissance d'un visage?
Es : la forme, les yeux, la chevelure.
M : vous semblez avoir des système de reconnaissance forts différents.
J : les yeux, c'est mieux.
M : pour toi certainement, mais peut-être pas pour un autre. Pour soi sa façon est toujours la meilleure, le tout est que ça marche. Il est difficile de changer d'idée. Souvenez-vous la difficulté que vous avez eu à convaincre l'autre de votre vision qui pourtant était évidente pour vous. Il vous a fallu lui apprendre à poser ses yeux autrement. En classe, je fais pareil: voir pour que se déclenche ou se construire une idée dans la tête de l'élève.
Voulez-vous d'autres exercices de ce type ?
Oui unanime.
M : il faudrait, à travers ces exercices, arriver à comprendre chacun pour soi comment les idées se déclenchent dans notre tête à partir de ce que l'on voit, de quel indices. Nous sommes tous différents, ne comptez pas sur moi pour vous faire une leçon qui ne serait que ma façon personnelle de voir et pas la vôtre. Peut-on faire l'expérience de sa propre pensée ?

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