Expérience vécue au cours d'une séance. Une élève peine dans une activité purement visuelle de reconnaissance de formes au sein d'un chaos. L'élève est brillante sur le plan intellectuel, l'exercice est difficile. Elle n'arrive plus à avancer. Alors, en voix "off" j'explique pourquoi sur le plan neuronal cette activité nous met en difficulté. Je constate un redémarrage dans le travail. L'élève se remet à trouver les formes. Je m'arrête de parler. Les difficultés réapparaissent. Je raconte alors le Petit Poucet. L'élève redémarre et finit son exercice. Comme si le silence était une porte ouverte à la montée de l'anxiété. Cette anxiété dont nous savons qu'elle altère la mémoire de travail et donc l'efficacité intellectuelle. Ainsi dans une activité en modalité graphique les aires verbales peuvent constituer une faille de sécurité dans laquelle l'anxiété s'engouffre. Activer ces aires verbales de l'extérieur, bloque le processus interne. Nous avons déjà rencontré ce phénomène avec les illusions d'optique. L'image activée par l'entrée sensorielle est plus forte que celle générée de l'intérieur. C'est pourquoi nous continuons à "voir" faux ce que nous savons faux.