Quatrième de couverture :

La honte est une souffrance d'autant plus forte que par nature on en parle peu.
Il y a l'humiliation qui amène à taire les violences subies, à se replier sur soi-même, à cultiver un sentiment d'illégitimité, à se vivre comme un "moins que rien".
Il y a la gêne éprouvée face à la honte d'autrui, qui conduit, le plus souvent, à une mise à distance, à un refus d'entendre ce qui dérange. L'écoute de celle ou celui qui a honte est difficile.
Ces deux attitudes se complètent et se renforcent. La gêne des uns contribue au rejet des autres et au silence de tous.
Cet ouvrage brise ce cercle du silence en favorisant une meilleure compréhension, une meilleur écoute des multiples facettes de la honte. Derrière celle-ci se cachent des trésors d'amour, de sensibilité et d'humanité qui n'arrivent pas à s'exprimer. Comprendre, écouter, dire la honte, c'est s'affranchir d'une partie de la souffrance qu'elle provoque.

L'auteur

Vincent de Gaulejac est Professeur à l'université Paris VII, directeur du Laboratoire de Changement Social.

Commentaire personnel

Le sujet de la honte est très présent chez les élèves. Subir la peur du regard de l'autre à un moment où, face à la nouveauté, on se sent démuni et condamné à apprendre. C'est un moment où, le tâtonnement, le doute, l'erreur, vous exposent en public avec un sentiment de vulnérabilité.
La honte est un effondrement narcissique, c'est la peur de l'anéantissement et peut-être l'angoisse de la mort.
Mais citons l'auteur : "Lorsque l'intériorisation de la Loi et de l'ordre symbolique sont faibles, le moi reste fragile. Face aux exigences pulsionnelles comme aux exigences de la réalité, la domination du narcissisme empêche l'individu d'élaborer des projets construits, stables, suivis dans le temps. Domine alors le règne de l'éphémère, de l'absence de confiance en soi."
Dans une société où les pathologies du narcissisme se développent, ce livre apporte un point de vue intéressant.