Quatrième de couverture :

Comment soigner de manière efficace une famille migrante d'Afrique noire, du Maghreb... et son enfant vivant dans nos banlieues meurtries ? Une telle question, maintes fois entendue en clinique quotidienne dans des situations souvent tragiques (souffrance de l'enfant, de la famille, menace de placement de l'enfant, échec scolaire massif...), a été le point de départ de cet ouvrage. Nos outils de soins, nos instruments théoriques et thérapeutiques classiques ne suffisent pas. Les dramatiques échecs de la pratique quotidienne sont là pour le démontrer.
Ce livre bouleverse nos à priori théoriques et techniques. Il propose la construction d'un nouveau champ théorique : l'ethnopsychiatrie parents-enfant à partir de la psychanalyse et de l'anthropologie. A travers l'analyse systématique et éclectique d'un corpus psychothérapeutique, une psychothérapie parents-bébé, il propose une nouvelle méthode de soins adaptée à la situation migratoire. Ce travail nous oblige aussi à repenser l'épistémologie de nos systèmes de soins qui vise l'universel en oubliant l'homme dans sa singularité tant individuelle que culturelle.
Ce livre s'adresse à tous les professionnels qui travaillent avec les enfants de migrants et leurs familles : psychiâtre, psychologues, éducateurs, assistantes sociales, infirmières, pédiatres, juges pour enfants, orthophonistes, psychomotriciens, enseignants... tous ceux qui sont confrontés quotidiennement aux difficultés de ces enfants et de leurs familles. Il fait le pari que l'on peut transformer les obstacles auxquels sont confrontés ces enfants exposés en potentialités créatrices.

L'auteur

Marie Rose Moro, docteur en sciences humaines, est professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'Université de Paris 13 et chef de service à l'Hôpital Avicenne (Bobigny-France). Elle dirige la revue l'Autre.

Commentaire personnel

Sommes-nous loin de notre sujet ? Marie Rose Moro répond. Lorsque vous regardez le monde avec un seul champ de savoir vous n'avez qu'une vue partielle de ce monde et vous êtes aveugle sur plein de ses autres aspects. Si vous n'avez pas de savoir pour regarder le monde vous sombrez dans des inférences incohérentes qui vous plongent dans le chaos. Pour comprendre, il faut disposer de plusieurs champs de savoirs. Donc refuser la pensée unique. Notre volonté d'aller chercher la différence sans en rechercher le profit immédiat est un test de notre capacité à ouvrir l'autre dans son rapport à la nouveauté.
L'étude clinique de l'enfant "Moussa" est un chef d'oeuvre. La qualité de l'observation. La précision de la monographie. Le mot juste. L'éventail des hypothèses et le questionnement subtile visant à la réduction des possibles. Nous avons beaucoup à apprendre...