Alors voyons les choses autrement.

Participer activement à un mouvement comme celui du printemps constitue un puissant psycho stimulant. Sortir de la routine quotidienne, affronter une situation pour laquelle il n’y pas de réponse toute prête, qui exige une analyse permanente, la pose d’hypothèses multiples, faire des choix, assumer les risques, gérer son stress, prendre en compte des avis divergents… tout cela débride l’intelligence. Quand en plus le résultat est positif c’est l’estime de soi qui en sort rehaussée. De retour en classe, beaucoup de ces élèves sont dynamiques, dotés d’une volonté renouvelée. Ils apprennent vite ce qui demande d’habitude de multiples répétitions et entraînements. Tout cela se retrouve le jour de l’examen et suffit à déplacer la ligne de quelques points.

Ils ont perdu des heures de cours me direz-vous ? Mais en termes de contenus qu’est-ce qu’un mois sur 7 ans d’enseignement secondaire ? Les vraies victimes sont les élèves qui n’ont pas participé au mouvement. Ils ont perdu des cours mais n’en ont pas tiré le profit collatéral sur le plan intellectuel. D’ailleurs, pourquoi ceux qui s’appuient sur cet argument de perte de cours restent-ils silencieux quand le Ministère fait passer l’horaire de maths en collège de 4h à 3,5h ? Cela correspond à la perte d’un mois de cours chaque année. La perte d’une demi année sur les quatre ans. Alors qu’elles montaient sans cesses depuis des années, pour la première fois, en 2005, les tests de maths à l’entrée en seconde font voir un recul des performances. Simple hasard ou relation de causalité ? Attendons pour voir. Se souvient-on qu’en 1973, les élèves de 6ème avaient sept heures de français par semaine dont deux en petit groupe. Combien en ont-ils aujourd’hui ? 4,5 h sans dédoublement. Voilà des cours perdus qui coûtent cher.

Mais élargissons notre point de vue. Bien qu’il n’y ait pas d’étude statistique, certains collègues ont remarqué que pour des élèves en difficulté, prendre des responsabilités dans une association ou dans leur quartier améliore les résultats scolaires. Dans le même ordre d’idées, ayant eut une tuberculose à l’âge de 20 ans je me suis retrouvé pendant 2 ans dans un sanatorium pour étudiants. Le Médecin directeur de l’époque, le Docteur Douady, disait qu’à égalité de diplômes les étudiants passés en sanatorium accédaient ultérieurement à un niveau de responsabilité sociale plus élevé. Il est vrai que pendant cette période vous n’êtes plus soumis aux exigences du système, vous ne devez faire aucun effort physique. Vous devez alors puiser en vous les motivations pour vous occuper l’esprit. C’est en apprenant à extirper vos ressources internes que vous déployez un surplus intellectuel qui infléchit votre trajectoire de vie.

Ainsi il y a des détours qui ne sont pas du temps perdu. Alors avant de sombrer dans la morosité des idée reçues, apprenons à surfer sur le versant positif des événements. Nous y trouverons des réponses d’aujourd’hui aux problèmes d’aujourd’hui. Et croyez moi, cela est très stimulant.